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Moriensart en sa fierté inaltérée


Château-Ferme de Moriensart - 1341 Céroux-Mousty (Ottignies-Louvain-la-Neuve)



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  • Moriensart, un sacré brin d’austérité pour prix d’une vraisemblable éternité. © Philippe Farcy

  • Jadis isolé, le donjon s’est vu accoler la ferme. Les deux éléments sont toutefois indépendants. © Philippe Farcy



Nom Officiel Château-Ferme de Moriensart
Localisation 1341 Céroux-Mousty (Ottignies-Louvain-la-Neuve)
Construction XIIIe siècle; XVIIIe siècle; XXe siècle
Style Traditionnel
Architecte 1950: baron Francis Bonaert
Occupants
Affectation
Protection Résidence privée

Dernière mise à jour : 16/09/2012


La tour de Moriensart est un exemple rarissime de donjon médiéval encore habité


À 800 mètres de Céroux (anciennement Séroulx), hameau de Moustier aujourd’hui Mousty, la tour romane de Moriensart apparaît au loin dans les campagnes comme un phare au milieu d’une mer calme. Les vagues géologiques du Brabant ne sont guère plus profondes que celles du Condroz et la moindre flèche se repère de loin. Moriensart est plus qu’une flèche, de par sa configuration de tour fortifiée érigée au XIIIe siècle pour protéger le duché de Brabant.



Grès de La Roche

Habité de nos jours comme il l’était jadis, il est un rare exemple de demeure privée en ce type d’édifice dans le Brabant. Alvaux, Walhain, Opprebais, Corbais, Sombreffe lui répondent dans la proximité, mais leurs donjons sont vides. Villeret est un autre exemple aussi vieux sans doute, mais à nouveau habité depuis peu d’années. Moriensart profite d’une position dominante à 130 mètres d’altitude. Le donjon était jadis isolé de la ferme. Il monte sur une vingtaine de mètres – 15 m. sous la corniche – et profite d’une assise de 106 mètres carrés au sol. Ses murs varient en épaisseur de 180 cm à 130 cm. Il a été érigé en moellons réglés de calcaire riches en grès et parfois composé de fer provenant d’une carrière sise à La Roche, hameau de Court-Saint-Etienne. Les quatre tourelles d’angles octogonales sont accrochées aux quatre coins supérieurs. Ceux-ci sont inscrits aux quatre points cardinaux et les quatre lucarnes à gradins et croisée sont pour leur part érigées en briques, ornées de bandeaux de grès. Les toitures sont couvertes d’ardoises. L’ancienne porte d’accès au donjon est du côté du jardin, pas de plain-pied comme à Villeret, Corbais et Saint-Géry mais était jadis au premier étage comme à Rotselaer et on y montait par une échelle que l’on relevait pour la nuit. Mais le donjon et la ferme étant séparés de nos jours, on entre dans la maison forte par le sud. La demeure grimpe sur trois niveaux et chaque étage est de cinq mètres sous plafond. Le rez est au demeurant encavé. On accède aux étages supérieurs par un escalier intramural fort étroit et aux marches hautes. Quelques fentes et des baies carrées ou rectangulaires ornées d’arcs de décharge ou en anse de panier donnent de la lumière aux différents niveaux de cette habitation peu ordinaire. Au sud-ouest, l’architecte Francis Bonaert a placé en 1950 une élégante adjonction de trois niveaux en encorbellement sous une toiture en bâtière.



Invendu depuis 435 ans


L’histoire de cette maison forte a été donnée par Louise Courtois en 1974. Elle n’a jamais été une tour refuge comme certaines tours d’églises, remonte au XIIIe siècle (1220) quand les Moreau ou Morel dits de Limal en étaient les seigneurs. Mais les Limal, issus des familles de Wavre ou de Walhain selon les sources, sont signalés depuis le XIIIe siècle. 1304 est le premier repère certain de la présence des Limal à Moriensart en la personne de Renier III (1285-1311). Quatre générations plus loin, Arnould III de Limal allait vendre après la bataille de Basweiller en 1380, cette terre à Gilles Vanderporten de Windeke qui la transporta aussitôt à Arnoul van den Bossche dont le fils Jean sera seigneur d’Ohain. Le bien était composé de 160 bonniers de terrains divers, soit près de 200 ha. En 1440, le donjon fut cédé à Louis Pinnock, famille rencontrée à Tilleghem et à Horst. Ses descendants s’en défirent en 1511 en faveur de Colard de Ferry dont le petit-fils Aymon sera receveur des domaines au comté de Namur. Ne laissant que des dettes, ses héritiers virent le bien saisi et vendu en 1569 à Guillaume Le Vasseur, sire de Valhuon, au nord d’Arras. Le bien sera transmis par héritage aux Coloma, déjà vus à Leeuw-Saint-Pierre, et plus jamais vendu depuis 435 ans. Le domaine, érigé en baronnie en 1657, passa ensuite après 1795 aux comtes van der Dilft, puis à leurs alliés depuis 1893, les comtes de Limburg Stirum et enfin depuis 1947 aux actuels propriétaires. Ce sont les barons Gericke d’Herwijnen car le père de l’actuel propriétaire était le filleul de la comtesse van der Dilft.


On peut visiter à petit prix en certaines occasions, sur rendez-vous et par groupes. Le donjon se voit de toutes les campagnes. La tour est classée depuis le 29 mai 1952 mais pas la ferme, ni l’annexe, ni le site.



SOURCES:
Philippe Farcy, 100 Châteaux de Belgique, connus et méconnus, volume 4, Editions Aparté, novembre 2005 
Louise Courtois. Céroux-Mousty. La tour de Moriensart en Brabant. Analyse d'une maison-forte du XIIIe siècle, Wavriensia XXIII, 1974