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Royseux, un petit donjon défensif


Château de Royseux - 4570 Marchin



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  • Royseux, la face méridionale et la ferme contigue. Un petit mur fermait la cour d'honneur jadis et entre la cour haute et la basse cour se trouve toujours un pont enterré. © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy avril 2008

  • Une des cinq cloches au nom de Emile-Laurent Fraigneux 1922 © Philippe Farcy

  • Royseux, la face nord en totalité © Philippe Farcy

  • Carte postale ancienne, ed. Ern. Thill & Nels n° 130

  • © Philippe Farcy

  • © Philippe Farcy



Nom Officiel Château de Royseux
Localisation 4570 Marchin
Construction
Style
Architecte
Occupants
Affectation
Protection

Dernière mise à jour : 04/01/2013


C'est un donjon complété d'un logis au XVIIe siècle érigé pour défendre un accès vers Liège. Une grosse ferme est venue compléter l'ensemble. Les deux éléments sont à présents séparés.


A un gros jet de pierre de Barse, en remontant vers Modave et en longeant le Hoyoux, on tombe sur une belle propriété caractérisée d'abord par sa puissante ferme, puis par son périmètre plus spécifiquement castral, érigé en L. Les aléas des successions ont malheureusement poussé à la séparation des deux éléments. La ferme est de nos jours dans le patrimoine de la famille Taziaux, après avoir appartenu à Nadine de Rochelée, épouse de Georges Laloux. Madame a gardé les berges de la rivière pour la pêche. La ferme, puissamment construite en moellons de grès et animée de bossages à certains encadrements de baies, périclite quelque peu. Les toitures souffrent d'un manque évident d'entretien. L'avenir de ces bâtiment devrait être éclairci pour en assurer la pérennité. Le donjon est dans d'autres mains, naguère encore industrielles et métallurgiques.



Coffres-forts

Cela semble être une «marque de fabrique» pour cette demeure qui appartint à partir de 1927 et jusqu'en 1978 à Simone Lamarche, décédée en 1976, et ses enfants Rochelée. Madame était la fille de Jules, propriétaire du château de Vierset, grand industriel lui aussi, actionnaires de multiples sociétés dont Ougrée-Marihaye. Les enfants de Simone étaient aussi ceux du baron Désiré de Rochelée. Avant eux, le domaine avait appartenu à Emile Fraigneux décédé en avril 1940 à l'âge de 65 ans. Il était l'époux d'Augusta de Kessel (1904-1969), fille d'un imprimeur liégeois. Emile et Augusta sont les grands-parents de votre serviteur. Emile vendit Royseux car sa jeune épouse détestait la campagne et trouvait le donjon quasi inhabitable tant il était humide. Ils firent alors construire une villa anglo-normande rue de Selys à Embourg. Emile et Louis étaient issus eux aussi d'une dynastie de maîtres de forges liégeois installés en Amercoeur, entre les rues Douffet et Lairesse. La firme se spécialisa finalement dans la fabrication de coffres-forts. Le jeune Emile Fraigneux âgé de 21 ans, à moins que ce ne soit plus probablement son père Louis époux d'une dame Nollet, acheta Royseux aux héritiers du baron Louis d'Overschie de Neeryssche, dont le décès survint en 1896, à l'âge de 67 ans. C'est en tous cas Emile qui commanda les cinq cloches d'un carillon en 1922 à un fondeur louvaniste, Omer Michaux. Les dites cloches sont conservées dans la tour.



Cousinage de châteaux

Le baron Louis était le petit-fils de la comtesse Marie-Thérèse d'Argenteau d'Ochain, fille de Joseph et de Marie-Josèphe de Limburg Stirum, dame d'Argenteau. Le baron Louis d'Overschie était marié avec la marquise Octavie de Trazegnies. A en croire le baron René d'Overschie, «Royseux fut réservé à la branche de Charles d'Overschie, quatrième dans l'ordre, qui était né en 1873». La jeunesse de ce dernier, en 1896 il n'avait que 23 ans, poussa sans doute à la vente du manoir accompagné de la ferme qui possédait une soixantaine d'hectares. La provenance Argenteau aurait dû signifier que Royseux connaisse presque la même histoire familiale que Barse, Vierset et Ochain, à partir du moment où les Argenteau devenus Mercy-Argenteau, héritèrent où achetèrent ces territoires. Or il n'en fut pas de la sorte, du moins en grande partie. Pour suivre Albert Lemeunier en « Le Grand Livre des Châteaux », le fief de Royseux relevait en 1249 de Wautier II de Barse. Le domaine fut joint à la seigneurie de Vierset à une date indéterminée raconte l'auteur. En 1496 l'ensemble échut à Gilles de Chrisgnée mais ne passa pas aux Argenteau. Au XVIe siècle (Annuaire des châteaux, 1923), Royseux ainsi fut laissé par mariage à Jehenne de Chrisgnée épouse de Wathier I de Bois avant de passer aux Hollogne puis en 1518 à Gilles de Hodister mayeur de Hamoir. Le bien fut relevé encore par Jean Goswin puis par deux frères Corswarem avant de revenir à Wathier II de Bois, seigneur de Soheit-Tinlot à partir de 1533. Pourquoi tant de mains sur si peu de temps ? Mystère. Le mystère est réel aussi entre 1533 et 1688. Entre 1688 et 1696, Mathias de Fléron qui fut propriétaire de Marchin à cette date, se nommait sire de Royseux. Puis en 1740, le donjon et sa ferme se trouvaient dans le « portefeuille » du baron de Herve, échevin de la Souveraine-Justice de Liège. Fallait-il lire de Goër de Herve ? Saumery a décrit le domaine brièvement dans ses « Délices du Païs de Liège » quand les Herve tenaient la maison.


Une maison qui n'a guère changé d'aspect extérieur depuis lors et qui était une demeure d'été aux XVIIIe et XIXe siècles. Depuis les Lamarche-Rochelée, Royseux fut une résidence permanente. Les propriétaires suivants (M. et Mme Roger Spirlet), ont consenti ici des efforts considérables pour remettre leurs bâtiments (non classés) aux normes de la modernité et rendre au parc un aspect de qualité. Quelques baies furent percées, le perron déplacé vers le donjon et le tout avec un respect irréprochable du bâti ancien. Une tour d'ascenseur est même prévue quand les vieux jours viendront frapper aux jambes des résidants actuels.

Le manoir était jadis entouré d'eau sur sa totalité. Il reste un pont menant à la basse-cour, totalement conservé mais enterré sous 60 cm de terre. Le donjon, auquel fut accolé une chapelle qui servit de garage et qui est devenue un salon, est érigé en moellons de grès et de calcaire. Les autres bâtiments sont construits de même. Le donjon carré monte sur quatre niveaux posés sur de superbes caves presque aveugles. Le logis rectangulaire de deux niveaux rejoint une seconde tour carrée de trois niveaux. La haute cour piquée d'un magnifique tilleul possédait jadis un mur de protection. Les toitures en bâtières et à coyaux sont couvertes d'ardoises. Celles de la ferme sont en écailles de poissons. Vers le Hoyoux, contre la ferme, se trouve de très rares et anciennes écuries en bois. Elles datent semble-t-il des années 1850 ce qui en fait une vraie curiosité architecturale.

On ne visite pas. Le gros chien de marque allemande, modèle Berger, veille.



SOURCES
:
Philippe Farcy, Royseux, un petit donjon défensif, LaLibre.be 2 mai 2008 http://www.lalibre.be/archives/divers/article/418709/royseux-un-petit-donjon-defensif.html
Paul Erève, Le Hoyoux et ses confins Montueux, Edition Foncoux 1949